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Libéré de la dépendance sexuelle par la puissance de Jésus-Christ

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Témoignage d’une conjointe – Troisième partie – Compréhension, dépression et colère

9 mars, 2009 par melanielandry

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Après ce fameux jour où il embrassé une autre fille et qu’il prétendait l’aimer, les choses ont repris du mieux pour quelques semaines.  Il a fini par se repentir de ce qu’il avait fait et moi, de mon côté, j’ai écrit à la fille en question lui expliquant mon point de vue et lui demandant de ne pas insister.  Je crois qu’elle n’avait pas complètement pris conscience de tout ce que ça impliquait.  Elle était jeune, chez ses parents, un peu volage tandis que nous étions un couple marié avec enfant, sur le bord d’en avoir un autre.  Mon mari a insisté pour rester son ami, chose à laquelle j’ai dû me plier à contre-coeur.

Mais outre ce détail, les choses se sont améliorées dans les semaines qui ont suivies.  Je dirais même que ça a été un gros mois de calme.  Je crois même qu’il a été sans rechutes, même si je n’en suis pas certaine à 100%.  Il faut dire que, dans ma vie de couple, il y a bien des choses que j’apprenais parfois 3 mois plus tard.  Donc, bien souvent je me suis illusionnée sur des périodes de sobriété qui n’existaient pas.  Cependant, je crois que ça a été presqu’un mois sans rechutes de porno et de masturbation.  Quant aux fantasmes, c’est probablement une autre histoire.

Donc, pendant quelques semaines, ça a bien été.  On préparait la venue de notre deuxième fille.  C’était le dernier mois avant mon accouchement.  Nous étions en septembre 2000.  Puis le temps d’accoucher est arrivé.  Jean a été présent et disponible tout le long de l’accouchement.  C’était un bel accouchement, assez rapide.  Nous étions heureux.  Au matin, Jean est retourné travailler.  On avait convenu qu’il valait mieux qu’ils prennent ses 2 jours de congé à ma sortie de l’hôpital.  Ce soir-là, je l’attendais impatiemment.  Il devait venir nous visiter avec mon autre fille.  Vers 19h, il n’était toujours pas là.  Je ne m’en faisais pas trop, je me disais qu’il avait dû faire souper notre fille et lui donner son bain, après son travail.  Je croyais qu’il allait arriver d’une minute à l’autre.

Puis le téléphone a sonné.  C’était la gardienne qui se demandait pourquoi Jean n’était toujours pas venu chercher notre fille.  Elle voulait bien nous aider, mais là il commençait à être tard.  Elle avait bien tenté d’appeler chez nous, mais ça sonnait tout le temps occupé.  C’est tombé sur moi comme un coup de masse.  Je savais très bien ce qui se passait.  Nous étions encore à l’ère de l’Internet basse vitesse et la ligne continuellement engagée n’indiquait rien d’autre qu’un mari sur l’ordinateur.  Je n’arrivais pas à croire qu’il me fasse ça.  Ça ne faisait même pas 24h que j’avais accouché… et voilà qu’il m’abandonnait toute seule avec les responsabilités, alors que j’étais prise à l’hôpital, ne pouvant pas aller très loin.  Ça a été toute une humiliation pour moi.  J’ai dû appeler ma grand-mère et lui demander d’aller chez moi, rappeler à mon mari ses responsabilités.  Et j’ai dû ravaler par en-dedans la rage qui m’assaillait, étouffer le bruit de mes larmes.  J’étais dans une chambre commune avec 3 couples d’heureux parents, à l’heure des visites.  Je me sentais prise au piège.

Disons que ça a été un coup fatal qui a marqué le début de ma dégringolade.  Sans trop m’en rendre compte, j’ai littéralement sombrée en dépression.  Au début, ça n’a pas trop paru car Jean a pris un congé parental de 3 mois.  C’est dans cette période que j’ai voulu en savoir plus.  Je ne pouvais pas concevoir que j’avais marié un homme aussi délibérément cruel.  Et ça devenait trop gros pour que je puisse continuer de croire que ce n’était que des attaques déchaînées du diable.

J’ai voulu avoir des réponses et, à mon grand soulagement, j’en ai trouvé.  C’est vers la fin de 2000 et début 2001 que j’ai découvert ce qu’était la dépendance sexuelle.  Ça a été une révélation.  Tout à coup j’ai compris qu’il n’était probablement pas méchant, mais juste malade.  J’ai dévoré tout ce qu’il y avait sur le sujet à cet époque.  C’était très peu et bien souvent en anglais, mais ça me faisait un bien fou.

Sur le coup, Jean aussi a été soulagé de découvrir que c’était une problématique qui existait réellement, qui avait un nom.  Bien qu’il n’était pas prêt à s’en sortir, je crois que ça a modifié un peu les perspectives.  Car lui-même ne sachant pas pourquoi il agissait ainsi, il se croyait méchant et vivait avec une culpabilité et une honte assez destructrice.  Mais je crois que le mal était déjà profondément enraciné pour se laisser détrôner par une simple compréhension logique.

Mais momentannément, ça nous a redonné de l’espoir.  D’abord, il a commencé à faire le programme Setting Captive Free sur l’Internet.  Ça n’a duré que quelques semaines (un gros maximum 3) et il a trouvé des raisons logiques pour ne plus continuer.  Puis on a découvert les Sexoliques Anonymes.  Il a assisté à quelques rencontres, mais a également trouvé des raisons pour ne plus y aller.  Il a quand même acheté leur livre qui nous a été très utile au fil des années.  Moi, il m’a beaucoup aidé à mieux comprendre tout ce qui se passait et je le recommande autant aux dépendants qu’à leurs conjointes.  Il y a eu quelques lectures aussi qui nous ont marquées, notamment le témoignage de Ted Bundy, juste avant d’être exécuté.  Bien que tout ça ait eu du positif, ça n’a pas suffit à le motiver à changer.

Mais je dois être honnête et dire que probablement, nous n’étions pas ni un ni l’autre prêts à changer.  En effet, au fil du temps, j’ai découvert que si j’étais dans une relation avec un dépendant, c’était qu’il y avait des choses qui clochaient en moi aussi, des choses non réglées, des choses qui m’avaient amenées dans ce genre de relation.  Mais à cet époque, je me positionnais en victime et les évènements extérieurs me donnaient raison.

Bien que je comprenais que la dépendance puisse être une maladie, même une maladie terrible, je n’étais pas prête à épauler mon mari dans tout ça.  Je voulais qu’il change et ça s’arrêtait là.  Je ne voyais pas ma part des choses.  Je croyais qu’il était responsable de tout et qu’on serait heureux s’il voulait bien se mettre à changer.  Maintenant qu’on avait mis des mots sur ce qu’on vivait, maintenant qu’on connaissait mieux la problématique, je croyais sincèrement qu’il allait changer.

Or, quand il ne l’a pas fait et qu’il n’a plus manifesté de désir de le faire, j’ai littéralement sombré dans un mélange de désespoir et de colère.  Pourtant, une perche m’a été tendue à l’époque.  Je suis allée à une première rencontre d’Al-Anon.  Bien que ce soit pour les conjoints d’alcooliques, c’est le même cheminement, c’est juste la substance qui change.  Mais je me suis trouvée des raisons pour ne plus y retourner.  Il était clair que je n’étais pas plus prête à changer que Jean, bien que je ne me l’avouais pas à l’époque.  Mais je crois aujourd’hui, que si j’avais été moins rebelle et entêtée, je me serais peut-être évité un long détour de plusieurs années.

Au lieu de ça, je me suis laissée séduire par les promesses empoisonnées de l’ennemi : la victimisation, le ressentiment, la colère, l’amertume, etc.  Et j’ai littéralement sombré en dépression, à un point tel que Jean a dû cessé de travailler pour s’occuper de moi et des enfants.  J’ai été diagnostiquée en dépression sévère avec trouble d’agressivité.  Je n’arrivais plus à prendre soin de moi-même.  Et tous mes patterns négatifs étaient décuplés par le fait que je vivais une intense culpabilité et honte d’abandonner ainsi mes bébés, de ne plus être capable de m’en occuper.  J’étais dans un état second, comme gelée dans un univers émotionnel, déconnectée de la réalité.

Mais je suis une battante et pour moi, vivre une dépression à 22 ans, c’était un gros échec.  J’ai donc tenté de me relever par mes propres forces.  Je dis par mes propres forces car Dieu n’avait plus vraiment de place dans ma vie, sinon une place très accessoire.  Alors, au lieu de me confier en Dieu et d’y puiser ma force, je me suis confiée dans la psychologie.  Même si ça m’a fait du bien sur le coup, ça ne m’a pas bien servie.  Ça m’a amené à me tourner davantage vers moi-même, réalisant avec plus de force tout le tord que Jean m’avait fait.  C’est donc par la colère que j’ai vaincu la dépression.

La colère s’est d’abord manifestée par le fait que je n’ai plus eu de barrière à raconter aux autres ce que je vivais.  Je ne voyais pas pourquoi moi, je vivrais de la honte alors que c’était lui le fautif.  Donc, en peu de temps, tout notre entourage a fini par savoir ce qu’on vivait.  C’était extrêmement défoulant, mais tellement peu charitable.  Mais je me donnais bonne conscience en me disant que je choisissais bien mes mots et que je tentais de ne pas le dépeindre de façon trop négative.  Finalement, je salissais sa réputation et je m’arrangeais pour faire bien pitié, pour me donner le beau rôle aux yeux des autres.  J’étais complètement aveuglée face à mes propres péchés, ne voyant que les siens.

Ma colère s’est aussi manifestée par des crises de colère justement.  Chaque fois qu’il me blessait, je lui envoyais ses 4 vérités par la tête, ne ménageant pas mes mots.  Encore une fois, bien que ça me défoulait, c’était insensé!  Je ne faisais qu’attiser le feu qui me brûlait, rajoutant de l’huile comme une insensée.  Plus je le démolissais verbalement, plus je rajoujais au poids de sa honte et plus il se refermait sur lui-même encore plus profondément et compulsait davantage.  Pire, mes comportements agressifs l’amenaient à justifier ses propres fautes.

Et ma colère a trouvé son ultime manifestation dans la vengeance.  C’est un épisode de ma vie dont j’ai extrêmement honte et que j’aimerais pouvoir effacer.  J’en avais assez de le voir tenter de me tromper continuellement.  J’ai fini par lui donner carte blanche et je me suis octroyée la même permission.  D’abord, j’ai réellement espéré qu’il m’arrête, qu’il comprenne et regrette et que tout change.  Or, il était bien trop fasciné par l’opportunité qui s’offrait devant lui et il ne me voyait même plus.  Ça n’a fait qu’attiser ma colère davantage.  Alors, sur une période de quelques semaines, je l’ai trompé à répétition.  Le pire, c’est que sur le coup, je me donnais bonne conscience, me disant que ce n’était pas vraiment de l’adultère puisqu’il était au courant et consentant.  Et moins il réagissait, plus j’enrageais.  Il n’y avait plus vraiment d’amour entre nous à cet époque-là, juste une espèce de guerre froide.  Les choses n’étant pas aussi faciles pour un gars que pour une fille, il ne m’a pas trompé de son côté.  Même si sur le coup j’en étais ravi, pendant des années il va se servir de cette excuse pour tenter de me tromper, pour justifier ses flirts et autres choses du genre.  En essayant de régler les choses à ma façon, je ne réussissais qu’à nous enfoncer davantage, m’aveuglant toujours sur ma propre innocence.  En plus, notre folie était devenue manifeste… notre masque de ”bons chrétiens parfaits” était tombé en mille miettes.  On a déçu énormément de gens autour de nous.  C’est toujours ainsi quand on prétend être ce qu’on n’est pas.

Après ces quelques semaines-là, je me suis sentie extrêmement honteuse.  J’ai touché un de mes premiers bas-fond.  J’ai réalisé que je n’arrivais à rien par moi-même et c’est alors, seulement, que je me suis souvenue de Dieu.

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Publié dans Point de vue de femme | Taggé adultère, colère, dépendance sexuelle, dépression, ressentiment, vengeance, victimisation | Pas encore de commentaires

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