« Car chaque arbre se connaît à son fruit. On ne cueille pas des figues sur des épines, et l’on ne vendange pas des raisins sur des ronces. L’homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor ; car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. » (Luc 6.44-45)
Cette vérité exprimée par Jésus s’est parfaitement vérifiée tout au long de mes années de sexolisme. En effet, puisque mon coeur était consumé par la convoitise sexuelle et l’immoralité, mon langage reflétait cette condition. Il ne se passait pas une journée sans que j’emploie des phrases à double sens, ou que j’use d’un humour vulgaire et déplacé. En étant appelé à la sainteté, j’ai donc dû me résoudre à faire le chemin inverse et à débuter l’épuration de mon langage.
Parler d’épuration du langage dans notre société nous amène naturellement à nager à contre courant. La culture populaire est infesté de blagues et de chansons grivoises, comme si nous étions collectivement bloqués à un stade précoce d’évolution psychologique. Il semble que les allusions aux parties génitales ou aux actes sexuels possèdent encore l’aptitude à faire glousser les gens. Certains humoristes en font même leur spécialité, repoussant sans cesse les limites du bon goût et de la décence. Et bien sûr, gare à quiconque oserait remettre en question cet humour. Ce serait un manque d’ouverture d’esprit. Quant à moi, je me fait un point d’honneur de ne pas être ouvert d’esprit à ce chapitre. Avoir l’esprit tellement ouvert qu’on peut le remplir d’ordures et de vulgarité n’a rien d’impressionnant.
Être vulgaire et user d’un humour cru est chose facile. Pour beaucoup de sexoliques, il s’agit même d’une seconde nature. La capacité à trouver un sens sexuel à ce qui n’en possède pas au départ est comme un jeu de l’esprit qui ne fait que contribuer au cycle de la dépendance. Ainsi, même si le sexolique essaie pour un temps de rester sobre sexuellement, son langage demeure sale et le garde prisonnier d’un état d’esprit malsain. C’est pourquoi une démarche de sevrage et de libération devrait toujours être accompagnée d’efforts sérieux en vue d’user de la parole avec sagesse et maturité.
La meilleure façon d’épurer le langage est d’entretenir une vie de prière sérieuse et constante. Je peux vous garantir que si vous confiez votre vie à Jésus et que vous faites des efforts quotidiens pour vous rapprocher de lui, son Esprit Saint dirigera non seulement vos voies mais aussi vos paroles. Ainsi, à chaque fois que vous prononcerez des mots inappropriés, vous ressentirez un malaise intérieur vous indiquant que vous venez de faire un faux pas. C’est ainsi que Dieu m’a aidé pendant mes premiers mois de sevrage à parler d’une façon qui l’honore. En effet, malgré mes bonnes intentions, il m’arrivait parfois de laisser s’échapper un jeu de mot à caractère sexuel au fil d’une conversation. Aussitôt, j’en éprouvais un sentiment désagréable et lorsque je me retrouvais seul avec Dieu, je lui demandait pardon et lui demandait de m’aider à ne plus recommencer. Très rapidement, il devint naturel pour moi de parler sans jamais faire référence à la sexualité.
Il est très important de prendre au sérieux cet aspect de la sobriété, surtout pour le chrétien qui désire que sa vie honore et glorifier le nom du Père céleste. Les paroles ne sont pas rien. Elles sont le reflet de la condition de notre coeur. Elles sont une énergie qui va de l’intérieur vers l’extérieur. Puis, une fois exprimées, les paroles affectent notre propre coeur et notre façon de penser, si bien que l’énergie va cette fois de l’extérieur vers l’intérieur. Ce système créé une synergie puissante qui affecte notre vie très sérieusement, pour le meilleur ou pour le pire, selon nos choix. La psychologie a découvert cela depuis un bon bout de temps. La programmation neuro-linguistique, notamment, a fait des trouvailles remarquables sur les effets de notre langage sur notre vie. La formulation de nos phrases, le choix de nos mots, les métaphores que nous utilisons au quotidien, ont un impact direct et déterminant sur notre destinée.
En lisant la Bible, nous réalisons que pour Dieu, nos paroles sont quelque chose de très significatif. Nous ne pouvons user de notre langue comme bon nous plait. Nos mots ont un impact et si nous mettons notre langue au service de satan et du péché, nous nous opposons au royaume de Dieu parfois sans nous en rendre compte. Saint Jacques utilise une très belle métaphore pour exprimer l’importance et l’effet de notre langage:
« Si nous mettons le mors dans la bouche des chevaux pour qu’ils nous obéissent, nous dirigeons aussi leur corps tout entier. Voici, même les navires, qui sont si grands et que poussent des vents impétueux, sont dirigés par un très petit gouvernail, au gré du pilote.
De même, la langue est un petit membre, et elle se vante de grandes choses. Voici, comme un petit feu peut embraser une grande forêt.
La langue aussi est un feu ; c’est le monde de l’iniquité. La langue est placée parmi nos membres, souillant tout le corps, et enflammant le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la géhenne. » (Jacques 34.3-6)
On ne peut donc utiliser notre langue pour proférer des paroles empreintes d’immoralité sexuelle. Le sexe est une chose sacrée et magnifique qui doit être vécue et exprimée dans l’intimité conjugale, et non étalée de façon inconvenante sur la place publique. On ne peut arguer qu’il ne s’agit que de paroles sans importance. On ne peut se défaire de notre culpabilité en prétextant que ce n’est que de l’humour. Pour Dieu, les paroles sont importantes, comme le prouve cet avertissement du Christ:
« L’homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l’homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor. Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné. » (Matthieu 12.35-37)
Pour utiliser une image moderne, nous pourrions dire que la parole est au coeur de l’homme ce que le moniteur est à l’ordinateur. Elle ne fait qu’afficher se qui se passe à l’intérieur. C’est pourquoi il est important d’examiner notre propre coeur et de nous repentir de toute habitude d’user d’un langage impur.
Au cours des prochains jours, je vous invite d’abord à demander l’aide de Dieu en prière puis de porter une grande attention sur la façon dont vous utilisez votre langue. Par sa grâce, vous serez ainsi en mesure de corriger vos mauvaises habitudes et de mener une vie qui honore encore plus le Seigneur. De plus, vous témoignerez ainsi de l’intégrité et de la cohérence de votre démarche intérieure, vos mots réflétant votre désir d’une vie pure, juste et honorable.
Que le Seigneur vous guide et vous aide.