
Ça fait longtemps que je voulais écrire cet article. Je trouve que maintenant que Jean a dépassé le cap des 90 jours, c’est un moment parfait pour en parler, car le plus gros est passé.
Une chose que j’ai découverte en tant qu’épouse de sexolique, c’est qu’après chaque rechute, il semble y avoir un cycle qui revient de façon assez régulière. Ceci n’a rien de scientifique ou prouvé. Disons que ce n’est que le fruit de mes observations. Personnellement, j’ai fini par trouver très utile de savoir un peu à quoi m’en tenir après une rechute.
J’ai découvert que l’après-rechute se fait toujours ressentir, peu importe la disposition d’esprit du dépendant. En effet, que ce soit une rechute récurrente parmi tant d’autres ou une erreur de parcours d’un combattant plein de bonne volonté pour s’en sortir, l’après-rechute est bien présente. Évidemment, le dépendant n’est pas complètement impuissant face à ce processus. Parfois, surtout après les dernières rechutes, j’ai vu mon mari faire des efforts immenses pour amenuiser l’impact de l’après.
Voici les moments clés que j’ai relevé de l’après-rechute. Il peut y en avoir d’autres, mais généralement entre ces périodes, il y a une certaine accalmie, une certaine période plus paisible.
Jour 1
Ce qui se passe au jour 1 dépend évidemment de la disposition d’esprit du dépendant. Si ce n’est qu’une rechute récurrente parmi tant d’autres et que le dépendant n’a pas vraiment un désir sincère de s’en sortir, je dirais que ce jour a tendance à être difficile. En effet, on peut sentir que la repentance n’est pas sincère, qu’elle est pleine de blâmes à notre égard, d’excuses bidons. Le dépendant peut faire preuve d’agressivité, d’apitoiement, de dépréciation et voir même de haine envers lui-même.
Cependant, lorsque la repentance est sincère, c’est une journée qui se passe assez aisément. Le dépendant a alors désir de faire réparation et essaie de compenser son erreur. Il est alors plus facile d’identifier la ou les causes de la rechute et d’en tirer leçon pour l’avenir. Il se peut même qu’il promette que les prochains jours vont bien aller et il est probablement sincère. Mais l’après c’est l’après, il ne faut pas trop lui en vouloir s’il n’arrive pas à tenir parfaitement ses promesses de vie paisible durant les prochains jours.
Peu importe la disposition d’esprit du dépendant, en tant qu’épouse, on n’est pas sans effet. Même le plus repentant des maris peut se mettre à réagir mal devant une épouse agressive et pleine d’accusations. Peu importe la gravité de la rechute, on est tenue de pardonner 77 fois 7 fois à un coeur repentant. Et j’ai découvert que ce conseil de Jésus, c’est à moi qu’il rend service. L’amertume, le ressentiment, la rage, les paroles dures, les crises de colère,… n’ont jamais servis ma cause. Ça défoule certes sur le coup, mais c’est tout. Bien souvent, ça perpétue le cycle de la dépendance. Ou encore, ça me prive de l’accalmie du jour 1, bien souvent nécessaire pour se faire des forces pour les prochains jours.
Et même quand le dépendant ne semble pas vraiment repentant, les fortes réactions n’amènent rien de bon. Au contraire, ça peut déclencher une guerre nucléaire dont nul ne peut prévoir les conséquences. Dans ce temps-là, je prends mes distances tout simplement. Parfois, ma non-réaction finit par amener mon mari à une réelle repentance.
Jour 5 et jour 7
Bien que toute la première semaine ne soit pas évidente, il y a un pic marqué vers le jour 5 et le jour 7. Il y a une remontée d’émotions négatives et d’agressivité. Ce sont des jours où le dépendant cherche visiblement la chicane. J’ai appris à me tasser ces jours-là et à ne pas tenir compte de ce qu’il peut me dire. En effet, comme quiconque cherche la polémique, il peut se mettre à blâmer pour des détails, vouloir se lancer dans un projet absurde, faire une dépense ridicule, vouloir bousculer les habitudes de vie, etc. Même si c’est facile de réagir, car on peut se sentir menacée par ce qu’il dit ou veut entreprendre, ça ne sert à rien, ça va passer. Il y a fort à parier que toutes ces choses vont tomber dans l’oubli par la suite. Voilà entre autre pourquoi je trouve bien utile de savoir qu’on est Jour 5 ou Jour 7.
Jour 14 et jour 21
Bien que ce ne soit pas aussi marqué que les jours 5 et 7, ce sont des moments qui peuvent y ressembler. Particulièrement, à l’approche du jour 21.
Du jour 28 au jour 40
Ce n’est pas une période facile. Sans dire que tous les jours sont difficiles, c’est une période où je me tiens sur mes gardes.
À l’approche du 3 mois
Les 2 semaines qui précèdent les 90 jours peuvent être plus difficiles. Heureusement, il y a généralement une longue période d’accalmie juste avant. Parfois, c’est au niveau sexuel que ça devient difficile. Alors que le dépendant croyait avoir passé au travers, il y a comme une remontée des désirs, de plus fréquentes attaques de fantasmes, etc. Ça peut aussi jouer au niveau émotionnel. Il peut devenir plus vulnérable, avoir des remontées d’émotions enfouies. Mais ça peut aussi ressembler aux comportements des jours 5 et 7, avec de l’agressivité, du blâme, de la dépréciation, etc.
J’ai décris tout ça de façon un peu technique, mais ce sont mes propres repaires pour m’aider à naviguer dans les eaux du sevrage avec mon mari. Il est aussi bon de savoir que l’après-rechute amène aussi son lot de comportements étranges chez la conjointe. Mais ça, c’est l’histoire d’un autre article.