L’effet du sexolisme sur le caractère
Nous savons tous que l’enfant est naturellement centré sur lui-même. La compassion, le sacrifice et les diverses vertus qui nécessitent un dépouillement du soi ne sont pas présentes chez lui. Ce n’est qu’à l’approche de l’âge adulte qu’apparait cette capacité à se décentrer de soi. Après avoir pris conscience de lui-même et de sa réalité intérieure, l’enfant s’ouvre au monde extérieure et acquiert la capacité de comprendre l’autre. Chez les filles, ce processus est généralement plus rapide que chez les garçons.
Cette maturation s’effectue naturellement lorsque le milieu dans lequel l’enfant évolue le lui permet. De plus, si l’enfant évolue dans un contexte chrétien, les valeurs de compassion et d’amour sacrificiel qui lui sont enseignés lui permettent d’éveiller plus rapidement cette partie spirituelle en lui qui lui permettra de se décentrer de son nombril et de considérer son prochain.
Toutefois, il existe aussi des facteurs qui retardent ou interrompent ce processus de croissance. La dépendance fait partie de ces facteurs.
Fatale échappatoire
On compare souvent les épreuves de la vie au feu qui épure le métal. De même que le feu du creuset permet au métal d’être épuré de ses imperfections et d’être modelé selon notre volonté, les obstacles que tout humain rencontre dès son enfance lui permettent de mieux comprendre le monde où il vit, de forger son caractère et de développer ses propres stratégies afin de composer avec les diverses épreuves.
Le problème du sexolique est que sa stratégie en est une de fuite. Dès son jeune âge, il se soustrait à l’épreuve en utilisant un analgésique émotionnel. Si par exemple il rencontre une angoisse, il n’y fera pas face de façon à forger son caractère. Il se retirera à l’écart afin de se masturber, ce qui lui permettra de se libérer des émotions inconfortables qu’il vit. La tragédie, c’est que ce mécanisme fonctionne à merveille au début. Mais ce que l’enfant ignore, c’est qu’en agissant ainsi, il échappe au feu qui était destiné à le purifier, à le fortifier et à le modeler en tant qu’homme en devenir. En refusant d’affronter la réalité et les émotions qu’elle suscite en lui, l’enfant se condamne à garder en lui-même l’immaturité et l’égoïsme, de la même façon que le métal placé à l’écart du feu de la fournaise demeure imparfait, faible et cassant.
Le résultat de cette stratégie de fuite se révèle peu à peu à l’âge adulte, où il devient évident que si l’enveloppe coroporelle a atteint sa maturité, l’homme intérieur n’est en fait qu’un enfant. Son caractère est atrophié. Ses valeurs tournent autour de lui-même. Sa sécurité affective est dépendante de l’approbation d’autrui. Cela pose d’importants problèmes dans sa vie en général et surtout dans ses relations interpersonnelles. D’autant plus que ses péchés cachés le poussent à mentir et à présenter une personnalité factice aux autres, ce qui détériore encore plus ses relations et le privent de contacts authentiques et épanouissants.
Retour en arrière obligatoire
Les étapes naturelles de la vie ne pouvant être ignorées, le sexolique qui décide d’entreprendre l’aventure de la sobriété doit tôt ou tard se rendre compte des faiblesses de son caractère et reprendre sa croissance intérieure là où il l’a laissé au cours de son enfance. Il réalise ainsi que sa maturité émotionnelle et spirituelle est celle d’un gamin de 12 ou 15 ans et qu’il doit maintenant apprendre à affronter la réalité, là où auparavant il avait décidé, consciemment ou non, de la fuire à l’aide de la masturbation, de la pornographie ou de toute autre forme de dépendance.
Ce chemin n’est pas facile. Il s’agit d’affronter l’inconnu, de faire face à des émotions sans les geler, de tout expérimenter à jeûn, dans la sobriété et la pureté. Bref, il s’agit de se plonger consciemment et délibérément dans le feu du creuset. Une expérience souvent douloureuse, pafois affolante, mais qui au bout du compte nous permettra enfin d’atteindre l’âge adulte et de devenir de vrais hommes, revêtus de dignité, de caractère et de force intérieure.